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Le blog d'Emmanuelle

"O povo unido jamáis será vencido"

24 Mars 2013 , Rédigé par Emmanuelle Publié dans #A gauche

"O povo unido jamáis será vencido"

Le cœur serré, je regarde le direct du congrès du Parti de Gauche sur Internet. Les délégués, debouts, chantent "Grândola, Vila Morena" l’œillet au poing. Je découvre ce chant, mais il résonne en moi immédiatement. Sans doute parce que je suis fille d’un immigré portugais. Mais aussi parce que cette scène est d’une beauté stupéfiante, même là, derrière un écran d’ordinateur. Je ne peux qu’imaginer l’émotion de celles et ceux qui étaient dans la salle et mêlaient leurs voix, le bras tendu. Qu’est-ce donc que ce chant ?

Le chant de la fraternité des peuples

L’article publié par Philippe Marlière sur les blogs de Mediapart me semble très complet et je vous invite donc à le lire ici. On y apprend comment ce chant est né, mais également pourquoi il vit toujours dans les mouvements populaires au Portugal. On y découvre son compositeur, Zeca Afonso, qui s’est toujours battu pour la liberté de son peuple.

Au mois de février 2013 des citoyen-ne-s portugais ont interrompu une session du parlement en faisant résonner ce chant dans l’enceinte où se tenaient les ministres et députés. Vous trouverez la vidéo ci-dessous. Ils et elles veulent ainsi clamer leur combat contre la dictature de l’Europe austéritaire, celle de la finance, des marchés. Hier et aujourd’hui, les délégué-e-s du Parti de Gauche ont repris ce chant pour exprimer la solidarité des françaises et français avec tous les peuples européens soumis aux diktats de la Troïka. Pour chanter la fraternité :

Grândola, ville brune
Terre de fraternité
Seul le peuple ordonne
En ton sein, ô cité


En ton sein, ô cité
Seul le peuple ordonne
Terre de fraternité
Grândola, ville brune


A chaque coin un ami
Sur chaque visage, l’égalité


À l’ombre d’un chêne vert
Dont je ne connaissais plus l'âge
J’ai juré d’avoir pour compagne
Grândola, ta volonté

Contre la flamme de la haine, la fleur rouge sang

L’œillet rouge est un symbole du mouvement ouvrier depuis le 1er mai 1890, où des militants l’ont porté en signe de reconnaissance alors qu’il leur était interdit de manifester. Cette fleur est également le symbole du mouvement contre la dictature de Salazar en 1974 au Portugal, auquel elle a donné son nom : la Révolution des œillets.

Dans la journée du 25 avril, le Mouvement des forces armées annonce qu’il a pris le pouvoir sans violence. La fête s’organise et les premiers œillets deviennent le signe de ralliement des insurgés. Les soldats fixent un œillet rouge à leur boutonnière et en déposent un dans la bouche de leur fusil, suivis de milliers de Portugais en liesse. Ces images sont diffusées dans le monde entier : des fusils et des canons décorés d’œillets qui ne tireront pas. L’œillet rouge devient donc le symbole de cette révolution et du socialisme.

http://oeilletsp.wordpress.com/2011/05/09/portugal-1974-la-revolution-des-oeillets/

Il me semble important que nous nous approprions ces symboles, que nous les fassions vivre. Ils parlent au-delà des frontières, au-delà des langues, au-delà des mots. Chacun(e) d’entre nous peut ressentir la puissance d’un peuple uni lorsque nous les brandissons. Ils nous donnent de la force, de l’énergie, pour lutter jour après jour et faire grandir un monde meilleur. Puisons dans cette force, ce ne sera pas de trop vu le boulot à faire ! Que les résistant-e-s de Notre-Dame-des-Landes s’en saisissent aussi, pourquoi pas ? Et tous les autres ! Et partout ! O povo unido jamáis será vencido !

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