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Le blog d'Emmanuelle

C’est quoi ce bordel au Front de Gauche pour les Municipales ? Tentative d’explication par une nulle pour les nuls

13 Octobre 2013 Publié dans #A gauche

La stratégie pour les Municipales, c’est le sujet chaud du moment dans la gauche de gauche. Il y a comme qui dirait des tensions entre, d’une part le Parti de Gauche (généralement via la voix de Jean-Luc Mélenchon) et d’autre part le Parti Communiste Français (généralement via celle de Pierre Laurent). Je vais m’en tenir à ces deux partis là parce que concernant les autres organisations du FDG, je n’ai pas suivi les débats. De ce que j’en vois, deux points de vue s’affrontent. Et franchement, je comprends les deux. Je vais tenter de résumer ce que j’en saisis ici.

Le point de vue du PG

Les élections municipales sont des élections nationales. Elles ne peuvent être réduites à une dimension seulement locale, pour plusieurs raisons : car elles appellent un très grand nombre d’électeurs à venir voter simultanément à travers le pays, car elles sont les premières élections permettant au peuple de s’exprimer depuis les Présidentielles, car une partie des personnes élues élira ensuite les sénateurs. Et surtout, car la politique municipale n’existe pas en dehors du cadre national, ne serait-ce que pour une question cruciale : le budget. L’argent est bien le nerf de la guerre et les dotations pour les communes sont décidées au niveau national. On ne peut donc pas d’un côté s’opposer aux politiques d’austérité menées par le gouvernement PS et de l’autre s’allier avec des candidats PS qui soutiennent ces mêmes politiques dans le but de gérer sa commune. Cette incohérence serait particulièrement visible dans les grandes communes de plus de 20 000 habitants et porterait atteinte à la crédibilité du Front de Gauche quant à porter une vraie alternative. Dans le grave contexte historique actuel, il s’agirait d’une faute politique majeure. Les temps sont troubles et les médias s’acharnent à semer la confusion dans les têtes, ouvrant dans le même temps un boulevard au front national. Il importe donc plus que jamais d’avoir du courage politique et de s’affirmer en force autonome porteuse d’un projet de société global radicalement différent, celui qui met l’Humain d’abord.

Le point de vue du PCF (enfin, la partie qui accepte de s'allier avec le PS)

Les élections municipales ne sont pas des élections nationales. Plutôt que d’être dans une posture, certes noble, mais pas forcément adaptée à la situation concrète dans les municipalités, il faut regarder au cas par cas et laisser les militants locaux décider. Les choix de listes doivent se faire sur des bases programmatiques, en tenant compte des problématiques et spécificités locales. Des questions précises doivent être posées dans chaque ville : quel est le bilan des socialistes sortants ? Les élu-e-s communistes ont-ils pu obtenir de réelles et concrètes avancées importantes pour la population locale ? Quelles sont les relations entre les élu-e-s et les habitants ? Quels dangers présente la droite ?... La constitution des listes aux Municipales doit s’appuyer sur les conditions matérielles dans lesquelles vivent les gens et l’objectif est d’essayer d’améliorer leur quotidien, indépendamment des prises de position sur la politique nationale. Et donc, ne pas refuser par principes de s’allier avec des candidats PS.

Basse-cour

Attention, il ne s’agit pas d’être naïve : au-delà de ces belles déclarations d’intentions, bien sûr qu’il y a des guerres d’égos. Pour la tête de liste ici ou là, voire même pour la suprématie au sein du Front de Gauche... Je ne sais pas jusqu’à quel point, mais ça vient compliquer les choses et empêcher les débats sereins entre militants responsables. Vous aurez peut-être remarqué qu’aujourd’hui je ne féminise presque pas mon texte. C’est que j’ai l’impression que ça se passe beaucoup entre hommes tout ça. Oui, il y a Danielle Simonnet candidate à Paris, heureusement. Mais autrement, les poules se mêlent peu des batailles de coqs... à moins qu’on ne les laisse pas s’en mêler. En tout cas c’est sûr, ça manque de femmes en ce moment.

Alors ?

Le Front de Gauche n’est pas parfait et ne le sera jamais. Il est à l’image de l’Humain. Que pouvons-nous faire ? Déjà, éviter d’envenimer la situation et de se braquer sur ses positions. Faire preuve d’ouverture et de tolérance. Et d’écoute. Continuer de prendre soin de cet outil commun dont nous avons tant besoin et qui porte tellement d’espérance. Camarades, ne nous laissons pas déchirer. Ils n’attendent que ça.

C’est quoi ce bordel au Front de Gauche pour les Municipales ? Tentative d’explication par une nulle pour les nuls

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Michel E. 13/10/2013 15:58

"Les élections municipales ne sont pas des élections nationales."

Je ne pense pas que les gens voient les municipales comme ça, et Pierre Laurent était bien conscient de l'effet.