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Le blog d'Emmanuelle

Des espoirs

11 Janvier 2014 Publié dans #A gauche, #Ecologie, #Social

Un jour, j'ai décidé de douter. De ne plus considérer comme normal tout ce que je faisais ou qu'on me faisait faire. Ce que la société m'incitait à suivre ou pas. J'ai commencé par des petits bouts de vie, de mon quotidien. Et petit à petit j'ai remis en question, un par un, voire simultanément, des pans entiers de mon existence. Du plus banal au plus intime. J'ai décidé de ne plus me contenter de suivre des pas tracés pour moi, des pensées édictées par des normes sociales. Je me suis alors mise à m'interroger profondément sur le bien fondé de chaque aspect de ma vie. Et ça m'a ouvert un monde déconcertant mais passionnant.

Ça fait peur souvent de se libérer de ses conditionnements. C'est tellement plus facile de se laisser guider, d'être ce que les autres attendent de vous. Mais ça grandit aussi, ça fait mûrir. Parce que cette fois, on ne peut pas se contenter de se laisser couler : il faut regarder en face, apprendre, réfléchir, choisir. Tout un programme.

Mais surtout, je me rends compte que c'est sans fin. Parce que ce doute, il ne me quitte plus désormais.

Je suis dramatiquement consciente de l'effondrement écologique que nous sommes en train de créer à toute vitesse. Ça me terrifie. Si je me pose quelques minutes pour y songer, ça me met dans un état pas possible. S'y ajoute la régression sociale incroyable, qui ne fait que s'accélérer. On s'en prend violemment dans la gueule tous les jours, c'est la stratégie du choc. Alors moi, face à tout ça, je me sens paumée.

Je me suis engagée en politique depuis plusieurs années. Si j'ai voulu rejoindre un parti, c'est pour plusieurs raisons : pour apprendre des autres, pour lutter collectivement, pour avoir une grille de lecture du monde qui me semble pertinente et cohérente, pour élaborer des propositions et ne pas seulement rester dans les constats.

Voilà donc où j'en suis :

Ayant suivi des études poussées en écologie, je connais l'ampleur des dégâts que nous infligeons à la biosphère. Je sais qu'ils empirent chaque jour.

Étant impliquée dans les luttes sociales, je vois les désastres de la politique menée par les puissants de ce pays et des autres grandes puissances capitalistes. Je comprends que ce qui est actuellement en cours ne va faire qu'aggraver la situation.

Étant amenée à militer "sur le terrain", je me rends compte de l'immense chemin à parcourir, dans les têtes et dans les faits, pour dévier de cette trajectoire folle qui nous mène dans le gouffre écologique et social.

Ça parait foutu d'avance, hein, présenté comme ça... Alors bon, j'essaie d'agir à mon échelle. J'essaie de garder mon énergie, ma joie de vivre, ma volonté. Parce que finalement, si j'arrêtais demain de me battre, que se passerait-il ? Il se passerait ce qu'il se passe en ce moment, mais avec un petit espoir en moins que ça change. Et si je ne dois lutter que pour cet espoir là, je le ferai. Parce que, quand partout se répandent la laideur et le malheur, je ne connais pas d'autre raison de vivre que de tenter de préserver la beauté et la joie.

source : http://jackaimejacknaimepas.blogspot.fr/2012/09/erreur-ou-habilete.html

source : http://jackaimejacknaimepas.blogspot.fr/2012/09/erreur-ou-habilete.html

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