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Le blog d'Emmanuelle

Le libre-échange nuisible à l'environnement ? C'est scientifiquement prouvé !

4 Octobre 2013 Publié dans #Ecologie, #A gauche

Mortifère pour la biodiversité

« Un tiers des espèces menacées le sont en raison du commerce international. » C’est le bilan d’une étude publiée dans la célèbre revue Nature sur plus de cinq milliards de chaînes d'approvisionnement reliant les consommateurs à plus de 15.000 produits dans 187 pays. Elle montre que les pays riches – Etats-Unis, Japon, Allemagne et France en tête – délocalisent leur pression sur la biodiversité « notamment par la consommation de café importé, thé, sucre, textiles, poissons et autres articles manufacturés ». Exemple, « le singe-araignée » qui « voit son habitat lentement grignoté par les plantations de café et de cacao au Mexique et en Amérique centrale ». Il faut bien construire des routes, au milieu des forêts, pour transporter les marchandises. Ailleurs, c’est la destruction des forêts pour les remplacer par des plantations de palmiers à huile (pour la confection de nos meubles, gâteaux, cosmétiques, pâtes à tartiner…) qui décime les orangs-outans. La population de l’île de Sumatra « a baissé de 80% en 75 ans » et « ne compte plus que 7000 individus ». Au total, ce sont près de 300 espèces qui sont menacées – dont des tigres – en Indonésie.

Grand gaspilleur d'eau

« Plus d'un cinquième de l'eau consommée sur la planète est englouti par des produits destinés à l'exportation. » C’est ce qu’ont montré des chercheurs hollandais en modélisant les flux d'eau autour du globe. Les pays importateurs (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Chine, Italie, Mexique, France) « sous-traitent les risques environnementaux et économiques qui peuvent découler de la surexploitation de réserves limitées en eau ». En clair, les pays développés augmentent la pression sur les autres pour lesquels l’eau est souvent une ressource rare. Sur les 9 087 milliards de mètres cubes d'eau utilisés chaque année dans le monde entre 1996 et 2005, « 92% l’ont été par l’agriculture » (céréales, viande, produits laitiers). Par exemple, « un kilo de bœuf nécessite 15 500 litres d'eau, un kilo de porc 4 900 litres, le poulet 4 000 litres, le fromage 4 900 litres et le riz 3 000 litres ».

Générateur de gaz à effet de serre

Les gaz à effet de serre n’échappent pas à la mondialisation. Comme le montre une troisième étude, entre 1990 et 2008 « les émissions de gaz à effet de serre transférées dans les pays du Sud par le biais des délocalisations industrielles dépassent les réductions accomplies dans les pays du Nord ». En près de 20 ans, « le poids des produits entrant dans le commerce international est passé de 20 à 26% des émissions mondiales », une augmentation « supérieure à celle du PIB mondial sur la même période ».

Que faire ?

Lors du sommet international de Rio+20, des décisions radicales ont été prises : des « objectifs du développement durable » seront « proposés en 2013, pour une mise en place à partir de 2015 »... Ouf ! « Chaque pays pourra choisir une approche appropriée » des « politiques d’économie verte ». Un détail cependant : il ne faut surtout pas « imposer des règles rigides » ni faire « une restriction déguisée au commerce international ». La messe est dite, on ne changera rien.

Et pourtant, tant que nous continuerons à nous plier au libre-échange, la crise écologique ne fera que s'accentuer. Nous devons avoir le courage politique de nous y opposer et de mettre en place un protectionnisme solidaire. Pour desserrer l'étau de la fatalité. Et redevenir maîtres de notre destin.

Le libre-échange nuisible à l'environnement ? C'est scientifiquement prouvé !

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