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Le blog d'Emmanuelle

Pas ce soir chéri…

6 Janvier 2013 Publié dans #Femmes

On dit souvent que l’amour fait souffrir, mais on dit moins que faire l’amour peut faire souffrir. C’est pourtant le cas pour beaucoup de femmes, dont le nombre exact est difficile à estimer. En effet, si c’est votre cas, j’imagine que vous n’allez pas le crier sur les toits. Peut-on s’imaginer la détresse qui saisit ces femmes lorsque, là où elles devraient ressentir le plaisir, elles ne ressentent que la douleur ? Une fois, deux fois, trois fois, chaque fois ? Des brûlures insoutenables, qui durent plusieurs heures. « Que se passe-t-il ? Que m’arrive-t-il ? Oserais-je en parler à mon partenaire ? A qui d’autre me confier ? »

Les forums dédiés aux problèmes gynécologiques peuvent être d’un grand secours. Avez-vous déjà été vous y balader ? On y apprend des tas de choses. Bien cachée derrière son pseudonyme, chaque femme s’épanche librement sur les détails les plus intimes de sa vie privée, ses craintes, ses inquiétudes, partage ses angoisses. On s’y soutient mutuellement, s’y informe, échange des informations, des tuyaux, de bonnes adresses, des noms de médecins gentils et compétents. Et, de fil en aiguille, de forum en forum, on croise les hypothèses, on recoupe les infos, on apprend des techniques. Et on trouve le nom des rares médecins spécialistes de ces questions.

Ces douleurs portent un nom (ou plutôt plusieurs, des synonymes) : vestibulodynie, vulvodynie secondaire, vestibulite. Les causes exactes sont encore inconnues et peu de recherches sont effectuées là-dessus, même si le Québec semble en avance sur ce point. Ce qui explique que si vous en souffrez, vous vous sentirez bien seule et incomprise, y compris (surtout !) par les gynécologues. Quasiment traitée de menteuse ou de folle, il pourra se passer des années avant qu’un bon diagnostic soit établi. Années durant lesquelles vous subirez de nombreux traitements au mieux inefficaces, au pire accentuant le mal. Durant lesquelles vous subirez des examens douloureux, s’apparentant parfois presque à de la boucherie sans la moindre compassion du corps médical. Si je peux le clamer ainsi, c’est que je l’ai vécu.

Quand enfin le bon médecin pose le bon diagnostic après des années de souffrance, c’est un premier pas, gigantesque. Reste à soigner. Une méthode de kinésithérapie « avec biofeedback » est préconisée. Puis, si elle ne fonctionne pas, on propose de vous mettre sous antidépresseurs pour « briser le cercle vicieux de la douleur ». Enfin reste la solution ultime… la chirurgie. C'est-à-dire l’ablation pure et simple de la zone douloureuse. Oui, moi aussi j’ai eu du mal à y croire. Alors, de mon côté, à force de lire des témoignages mettant en cause la pilule contraceptive, j’ai voulu essayer de l’arrêter… et j’ai guéri. Ma gynécologue, qui ne me croyait pas, m’a alors prescrit une pilule progestative sans œstrogènes. « Si quelque chose a pu vous faire du mal, ce ne peut être que les œstrogènes », mais « certainement pas la progestérone ». Elle se trompait : tous mes symptômes sont revenus en quelques jours.

Pourquoi cette spécialiste est-elle si mal informée ? Pourquoi la recherche est-elle si peu développée sur ce sujet alors que la vestibulodynie est l'une des causes les plus fréquentes de douleur lors des relations sexuelles chez les femmes âgées de moins de 40 ans ? Qu’environ 10-15% des femmes pré-ménopausées se plaignent de douleur récurrente lors des relations sexuelles ?

Ce syndrome pouvant survenir chez des femmes ne prenant pas la pilule, celle-ci ne peut être tenue pour seule responsable. Mais à l’heure où avaler la pilule est un rituel devenu anodin que des millions de femmes, parfois très jeunes, accomplissent chaque jour, il n’est pas inutile de rappeler les nombreux effets secondaires qu’elle peut entraîner. Les faits récents sont là pour le confirmer. Et ce n’est pas s’opposer à l’émancipation des femmes, ce n’est pas nier l’avancée majeure qu’a été la pilule contraceptive en permettant aux femmes de maîtriser leur fécondité, que de le dire et de s’informer. Il s’agit de votre corps mesdames, nul expert médical ne peut prétendre le contrôler à votre place. Il vous appartient.

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MaVestibulodynieEtMoi 01/07/2017 12:37

Hello!

Je viens de découvrir ton article, je sais qu'il date de pas mal d’années déjà mais j’aimerais savoir où tu en es par rapport à la vestibulite si tu te connectes encore?

J’en souffre depuis bientôt 6 ans je crois et je recherche une petite ‘communauté’ en ligne afin d’en discuter.

J’aimerais receuillir également des témoignages sur mon blog (mavestibulodynieetmoi.wordpress.com) alors si jamais tu es intéressée, n’hésite pas à revenir vers moi.

A bientôt j’espère et bon courage!