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Le blog d'Emmanuelle

Rien, vous ne saurez rien sur l’orgasme féminin

27 Juin 2013 Publié dans #Femmes

Je faisais des recherches sur le très sérieux site de la "société francophone de médecine sexuelle", quand je suis tombée sur un article qui m’a laissée perplexe. Consacré à l’orgasme des femmes, il fait une synthèse des données récentes en matière de recherche dans ce domaine.

Attention, je cite :

L’orgasme vaginal est, en 2009, revendiqué par certains auteurs comme le seul à même d’apporter une solide santé et la meilleure qualité de vie sexuelle, voire de qualité de vie tout court. (…) Pour d’autres encore, dans un article de Brody de 2008, l’absence de jouissance vaginale, comme du temps de Freud, apparait comme très révélatrice de défenses immatures.

Pincez-moi, je rêve… On en est encore là ! La vache, à croire que la science s’est arrêtée à la mort de Freud !

L’auteure de l’article le reconnaît d’ailleurs :

L’accent est donc bien mis aujourd’hui, comme au XIX° siècle, sur le primat de la jouissance vaginale.

Mais pas de panique, hein, on progresse ! Une jouissance vaginale, oui, mais

qui aurait changé de nature et qui célèbrerait une certaine forme d’appropriation de leur corps et de leur vagin par les femmes, davantage que la soumission passive au plaisir masculin.

Bon, ok, on progresse lentement. Très lentement. Presque pas en fait. C’est que, surtout, il ne faut pas avancer trop vite – on ne sait jamais, des fois que les femmes s’approprient complètement leur plaisir.

Mais bon, les femmes finalement, c’est pas très important. Un sujet sur l’orgasme féminin exige qu’on s’attarde plutôt sur cette question essentielle :

Et les hommes ?

Un rappel salutaire, des fois qu’on les oublierait.

Ils se sentent tenus d’assurer une pénétration de longue durée et de bonne rigidité, sans pouvoir vraiment espérer penser se rattraper avec des préliminaires, espoir que leur enlève la toute dernière publication de Weiss et Brody, qui met l’accent sur le fait qu’une pénétration durable est plus à même de satisfaire une femme que des jeux préliminaires longs.

J’hésite. Franchement j’hésite… A exploser de rire ou à me taper la tête contre les murs. Allez, petit pari, entre nous : Weiss et Brody sont des hommes. Attendez-moi, je vais jeter un œil sur google et je reviens… … [suspens intenable]… … et c’est… … gagné ! Of course, ce sont des hommes.

Que nous apprend cette citation ? 1/ que les hommes doivent "assurer" et ont donc un rôle actif (on en déduit le rôle des dames), 2/ que ce qui n’est pas pénétration est dans la catégorie des "préliminaires" (pécheresses qui pensiez y échapper, sachez qu’hors de la pénétration point de salut !), 3/ la femme est plus satisfaite par une pénétration longue que par tout autre jeu sexuel forcément inférieur et moins plaisant (si, si, la science le dit).

En résumé, comme le dit un proverbe charcutier : "tout est bon dans la pénétration". Ainsi, si monsieur (forcément hétérosexuel le rapport, hein !) est capable de "durer", madame vous jouirez. L’orgasme c’est comme ça, circulez y a rien d’autre à voir !

Quand même, la science, c’est sérieux. Eh oui. C’est pas fait pour rigoler. Voici donc qu’on apprend que certains auteurs (je formule l’hypothèse folle qu’ils sont dotés eux aussi de pénis) ont trouvé ceci :

Il leur est cependant possible [aux hommes] de sélectionner leurs partenaires et de repérer les femmes vaginales à leur démarche, elle-même conditionnée par la tonicité de sa musculature abdomino-pelvienne.

Ô joie, nous voilà rassurés : l’argent public est vraiment utilisé à bon escient !! Quelles pertinentes questions se sont donc posé ces scientifiques pour aboutir à ce fantastique résultat !! On imagine le temps, l’énergie et l’argent dépensés pour cette noble cause !!

Mais ce n’est pas tout, accrochez-vous :

Pour deux autres auteurs, Kortekaas et Georgiadis,

les contractions anales, mesurées par les variations de pression rectale, seraient un excellent marqueur de l’obtention objective d’un orgasme.

Voilà qui permet aux hommes de "détecter la jouissance d’une femme" et ainsi de "dissiper l’un des mystères de la sexualité féminine qui les a toujours profondément troublés, celui de la simulation de l’orgasme par les femmes". Un sujet passionnant qui mérite bien de brûlantes recherches !

Alors, quoi ?

Si j’étais vicieuse, je pousserais la malice à comparer cela avec l’état de la recherche concernant le clitoris :

1998 : première définition et description exacte

2005 : première image en Résonance Magnétique Nucléaire

2008 : première échographie

Ça fait rêver, non ?...

Et l’article de conclure :

Quant à la fonction du clitoris, elle reste aujourd’hui encore inconnue, depuis que Elisabeth Lloyd [tient, une femme !] a bien confirmé son absence d’implication dans la reproduction. Et c’est peut être le biologiste et philosophe Stephen Jay Gould qui a raison quand il nous dit que le clitoris n’est qu’« un heureux hasard que la nature a oublié de désactiver »

Conclusion :

Le saviez-vous ? Le patriarcat ne s’arrête pas à la porte des laboratoires.

Source : http://humourdedogue.blogspot.fr/

Source : http://humourdedogue.blogspot.fr/

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